jeudi 24 octobre 2013

Les chants de l'Umaï





Représentation à Chaillot 

Un aperçu ?

Rendre l'imaginaire réel, rêver le monde, le mettre en scène...Depuis 1989, la compagnie Système Castafiore implantée à Grasse, constituée du metteur en scène-compositeur Karl Biscuit et de la danseuse-chorégraphe Marcia Barcellos (tous deux passés chez Alwin Nikolaïs puis anciens membres du collectif Lolita), n'a aucun équivalent dans le paysage de l'art vivant français.
La "patte" Castafiore est unique : mêlant danse, chants étranges, images sophistiquées, collages sonores...,ses spectacles sont souvent peuplés de créatures oniriques, de tribus imaginaires. Sa représentation scénique du réel est le reflet de la folie de notre monde. La démarche du Système Castafiore, riche en savoir-faire multiple, est mise au service d'une imagerie ludique. Cela tient certainement à la joie communicative de ses maîtres d'oeuvre, dirigeant conjointement ce collectif d'artistes très créatifs.

Petit grain de..

D'étrangeté ! Aussi surprenant qu'étrange, ce spectacle vaut le coup d'oeil. De la qualité, certes, bien que cela soit très particulier. A chacun de trouver son univers, son interprétation dans ce spectacle....Mais si l'on ne rentre pas dedans, il est difficile d'apprécier.

La Cantatrice Chauve



Mise en scène : Caroline Raux
Cie Les Polycandres

Petit grain de...

Fou rire ! Si la bonne humeur n'est pas au rendez-vous, courrez voir ce spectacle...Un bon moment à passer, qui rend la vie un peu plus légère.

Dos à deux





Représentation à l'IVT - International Visual Theatre 

L'histoire

Cette pièce sans paroles emprunte son thème et ses personnages, Didi et Gogo, à l'oeuvre de Beckett En attendant Godot : une attente sans fin dans laquelle deux clowns lunaires errent avec une poésie et une tendresse rares. Ce sont des êtres d'enfances qui s'agrippent l'un à l'autre, jouent avec le feu, piaffent d'excitation et s'enroulent dans des peaux costumées d'adultes qui démangent. Ce duo burlesque explore avec énergie la construction originale d'un langage théâtrale et gestuel.

" En attendant Godot ", s'en inspirer pour inventer un voyage drôle et poétique...sans un mot, en forme de gestes.

Seuls au monde, ils attendent quelqu'un dont on sait qu'il ne viendra jamais. Et pendant ce temps suspendu, ils trouvent sans cesse des jeux absurdes, des disputes sans fin, des retrouvailles tendes pour essayer de combler le silence. Des rires aux soupirs, ces êtres d'enfance s'agrippent, se repoussent, se portent, se supportent...Ils ont beau se démener, se tortiller, il n'y a rien à faire, il n'y a donc qu'à attendre dans cet espace "assez vaste pour permettre de chercher en vrai, assez restreint pour que toute fuite soit vaine".


Petit grain de...

Talent ! On aimerai que cela ne se termine jamais... Une poésie, de l'époustouflant, une technique, une constance, des suprises, du partage...Ces personnages sont si réels qu'on s'y attache. Le temps se suspend !

Mater Replik



Spectacle de mime contemporain, par la Cie Vahram Zaryan à L'Atelier du plateau.


"La chorégraphie du geste, c'est trouver les états émotionnels des gestes et les rendre lisibles corporellement dans l'espace scénique"

Un aperçu ? 

Mater Replik est un spectacle de Mime Contemporain sur l'exil, une tentative pour saisir l'expérience intérieure du déracinement. C'est une histoire parmi de nombreuses autres, celle d'un homme bouffé de terre. Ce déplacement est une secousse, suivie de nombreuses autres. Langue maternelle et terre maternelle se confondent et viennent envahir l'espace que le personnage tente d'habiter. dans ce lieu où la terre ne cesse de rentrer, il se livre à une étrange cérémonie et se débat pour vivre.

Note d'intention

Comment aborder ce sujet avec ma pratique, le mime contemporain ? La chorégraphie du geste, c'est trouver les états émotionnels des gestes et les rendre lisibles corporellement dans l'espace scénique.
Au cours des différentes improvisations sur ce thème, il y eut diverses expérimentations du rapport à l'espace seréé, étouffant et contraignant, puis très ouvert et finalement tout aussi contraignant, puis sur l'alternance entre ces deux espaces, leur surgissement l'un à l'intérieur de l'autre, en approchant toutes les variations possibles. L'idée d'un rapport particulier avec le rythme s'est imposée au cours de mes recherches : il y avait toujours quelque chose de l'ordre de la mesure qui revenait mais comme une malédiction et sur laquelle le geste ne pouvait absolument pas s'aligner ; il me fallait trouver le rythme intérieur du geste.
Enfin, l'environnement, les objets (tantôt invisible ou réels), la vidéo et le son, tout, petit à petit faisait corps, et chacun de ces éléments composaient avec le personnage comme des partenaires de jeu et en même temps des histoires parallèles. A aucun moment le son ou la vidéo ne sont là comme prétextes au mouvement et sans autre raison d'être "sur scène". Tous les sons, les images, sont là, dans un échange avec le personnage et dans l'espace pour le spectateur. Après différentes tentatives pour trouver le "corps" de l'exil, cet état ne me semble pas être le fait seulement des exilés. Si le corps de l'exil est en déséquilibre tous les corps montrent que nous sommes exilés. J'ai voyagé beaucoup, libre ou contraint, j'ai parfois trouvé que ma simple présence mettait en exil les gens du pays où je me trouvais....
Mater Replik est marqué par une certaine étrangeté voir tristesse, mais j'ai choisi de passer par cet état là pour voir autre chose : que l'exile n'est pas qu'une fuite, un fardeau, un voyage emprunt d'un irrémédiable tristesse. C'est aussi beaucoup de joie, un appel extraordinaire, un horizon immense qu'un n'a jamais fini de parcourir. c'est une fête où tous ces sentiments contradictoires se mélangent.

Vahram Zaryan ?


Il a acquis de solides connaissances dans le domaine du théâtre, de l'expression corporelle et de la danse au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique d'Arménie. Il se spécialise rapidement dans le mimodrame et commence à le pratiquer au Théâtre d'Etat de Pantomime d'Erevan, dirigé par Zhirayr Dadasyan. Il suit des cours avec Yves Casati, de l'Opéra de Paris, en danse classique et avec Yvan Bacciocchi à l'Atelier de Belleville, technique Decroux. Vahram Zaryan perfectionne son art à la prestigieuse Ecole Internationale de Mimodrame de Marcel Marceau ; il sera un des derniers diplômés de l’École. Par ailleurs, il participe à des stages et master-classes avec Ariane Mnouchkine, Caroline Carlson et Maurice Béjart. Il crée une compagnie de mime avec des artistes issus de l'école Marcel Marceau, "Le théâtre suspendu", qui présentera plusieurs créations (Sépia, Quartet, Le linge entre autres) en France et à l'étranger. Parallèlement aux créations de la compagnie, Vahram Zaryan interprête entre autre le rôle du mime blanc lors d'un gala au Palais Garnier, il rend hommage au cinéaste Serguei Paradjanov dans un spectacle intitulé Couleurs de la grenade. Il a joué le rôle de Vespone dans l'Opéra de Pergolesi La serva Padrona, au Théâtre du Tambour Royal à Paris.
Vahram Zaryan crée une nouvelle compagnie de mime contemporain qui est consacré aux écritures contemporaines pour le théâtre gestuel. Avec le dramaturge Florent Bracon ils conçoivent un spectacle intitulé Confession qui est joué en Europe de l'Est et au festival international de pantomime d'Arménie. S'en suit rapidement un autre spectacle, "Il y a", qui a été joué à la cité universitaire Internationale de Paris.

Petit grain de...

Stupeur. Je suis restée aussi bouche-bée, qu'émerveillée et remplie de ses petits frissons ressentis même sans l'ombre d'une vague de froid. En espérant un jour que le mime soit estimé à sa propre valeur car ce qui est transmis est unique...Surtout dans ce petit théâtre atypique !

lundi 21 octobre 2013

Amaluna, Cirque du Soleil







Une troupe hors pair, un voyage vers le magique... Du talent à volonté ! 

Jacques et son maître



Mise en scène de Nicolas Briançon

Comédien mais surtout metteur en scène de talent. il a monté Jacques et son maître de Kundera en 2000. Il est né en 1962 à Chambery. Il a joué dans plusieurs pièces :
- Le manège, de Florian Zeller
-Futur conditionnel, de Xavier Daugreilh
- Le plaisir de rompre et Le pain de ménage de J. Renard
Il a également mis en scène de nombreuses pièces de Molière, Corneille, etc. De plus, il a tourné au cinéma et il est le directeur de plusieurs festivals.

Trois aperçus? 

De toutes les adaptations je pense la même chose que le maître Jacques quand il s'exclame : "Que périssent tous ceux qui se permettent de réécrire ce qui a été écrit! [...] Qu'ils soient châtrés et qu'on leur coupe les oreilles!" Ma pièce n'est pas une adaptation. c'est ma variation très libre sur un romain que j'adore, un hommage à son auteur, à son humour, à sa liberté. Déjà, en 1998, Nicolas Briançon a présenté une mise en scène de Jacques et son maître. Enchanté, j'ai alors vu le spectacle au moins quinze fois, heureux que le metteur en scène ait été sensible à chaque phrase de mon texte, écrit en 1971, alors que je vivais encore à Prague, aux pires moments de l'occupation russe. Dans ce trou noir de notre siècle, j'avais eu besoin d'entrevoir un rayon se soleil venu du 18e siècle français. D'où l'esprit de la pièce : le comique pénétré de mélancolie, le rire qui pleure.
Briançon revient aujourd'hui à Jacques et son maître et, encore une fois, je suis enchanté. Il est toujours fidèle et à lui-même et à moi, à la simplicité de la scène, à ses excellents acteurs (je suis heureux de les retrouver presque tous, après quatorze ans) et à l'esprit d'un désespoir enjoué.
Une petite remarque : le titre dit : "hommage à Denis Diderot en trois actes". Pourtant, chez Briançon, il n'y a aucun entracte. En effet, quelle barbarie que d'interrompre une oeuvre d'art! Je pense aux sonates et aux symphonies ; elle sont toujours divisées en trois ou quatre mouvements dont chacun est marqué par un tempo différent. Ce changement des tempi donne à l'ensemble sa forme. Voici les tempi du Jacques et son maître de Briançon : premier acte (le voyage commence) : allegro; deuxième acte (l'arrêt à l'auberge) : vivace d'un scherzo ; dernier acte (la fin du voyage) : lento.
Briançon est un musicien de la mise en scène.
Milan Kundera 

Dideront, Kundera...L'intelligence et le plaisir. Le Bonheur à létat pur. Bonheur d'un texte en état de grâce, qui nous enchante et nous rend plus heureux. Intelligence de deux pensées qui, à plusieurs siècles de distance, dialoguent, s'interrogent et s'amusent, dans une lisibilité absolue qui nous fait croire à la vie. La liberté, le plaisir, le bonheur, la nostalgie, l'ivresse et le naufrage : il y a tout celui dans Jacques. Tout ce qui est au cœur même de nos vies. tout ce qui les traverse et les irradie. Cet hommage au siècle des Lumières français nous rappelle à quel point le théâtre peut être ce moment de plaisir et d'intelligence limpide qui le rend si précieux. Je voulais remonter cette pièce quinze ans après ma première version et retrouver Yves Pignot, mon "maître". Je voulais confortes nos personnages à l'épreuve du temps, puisque ces deux-là sont sans âge. Je voulais nous, et vous faire plaisir, du moins je l'espère, en replongeant dans ces aventures merveilleuses. C'est une belle et formidable pièce. Légère et profonde, vive et grave. Elle nous fait respirer un peu plus haut, un peu plus loin. C'est un rêve de théâtre.
Nicolas Briançon

En 1972, le jeune metteur en scène François Georges Werler est allé voir Milan Kundera à Prague et a emporté en fraude à Paris le manuscrit de sa pièce Jacques et son maître. Kundera l'a écrite après l'invasion russe, quand toute son oeuvre, ancienne et future, a été gommée des lettres tchèques. C'est son vieil amour pour Jacques le Fataliste qui a inspiré ce "divertissement au temps de la peste", cette "variation sur Diderot" où l'imagination du grand écrivain du siècle des Lumières s'est jointe à la sienne. Le Diderot auquel on rend hommage ici ne coïncide pas tout à fait avec celui vénéré en France. Pour Kundera, il est avant tout le romancier ; un des plus originaux qu'à connu l'histoire ; la pièce n'a donc rien d'une leçon philosophique ; elle est un vrai théâtre qui exalte le plaisir d'invention, l'humour et le rationalisme ludique de Diderot, elle célèbre son extraordinaire liberté formelle qui, selon Kundera, n'a plus jamais trouvé sa pareille dans l'évolution du romain mondial. c'est à l'époque où Prague a vécu sa "fin de l'Occident" que Kundera savoure cette éclatant liberté diderotienne comme on savoure des valeurs condamnées et qui sont sans avenir. C'est pourquoi la gaieté de cet "hommage théâtral" est entourée d'une aura mélancolique inconnue au siècle des encyclopédistes.
Gallimard 

Petit grain de...

Rire, légèreté et qualité ! Oui, tout ça réunis.





Temps



Un aperçu ? 

Deux frères et une sœur se retrouvent quarante ans plus tard pour liquider la succession de leur père mourant. Cela se passe l'hiver, dans la ville minière de Fermont au Québec, à la frontière avec le Labrador, où les températures peuvent descendre jusqu'à au moins soixante degrés. Pour lutter contre la violence des vents, un mur écran a été construit dans lequel vivent les habitants de Fermont, dont la plupart sont employés par la compagnie qui gère la mine de fer. entre l'intérieur de la maison, où a lieu la rencontre des enfants, et l’extérieur, où les vents violents qui balaient la ville n'empêchent même pas une invasion de ses rues par une horde de rats, quelque chose va sourdre, comme une blessure mortelle et ancienne, que les enfants vont devoir confronter pour retrouver, peut-être, une sensation de légèreté. Mais la légèreté se paie aujourd'hui au prix fort. Ils en feront l'expérience.

Wajdi Mouawad

Né en 1968, l'auteur, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad a passé son enfance au Liban, son adolescence en France et ses années de jeune adulte au Québec avant de vivre en France aujourd'hui. Diplôme de l'Ecole national d'art dramatique du Canada en 1991, il signe des adaptations et des mises en scène de pièces contemporaines, classiques et de ses propres textes (publiés aux éditions Leméac/ Acte Sud-papiers). Directeur artistique du Théâtre de Quat'Sous à Montréal de 2000 à 2004, il fonde l'année suivante deux compagnies de création : Abé Carré Cé Carré au Québec et Au Carré de l'Hypoténuse en France. Il est de 2007 à 2012 directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts à Ottawa. Après y avoir présenté Littoral et son solo Seuls (solo qu'il jouera à Chaillot en mars 2013), il est artiste associé de la 63e édition du festival d'Avignon, où il crée le quatuor Le Sand des promesses composé de la trilogie Littoral, Incendies, Forets (présentée à Chaillot en 2010) et Ciels. Ses plus récentes créations sont Temps et Des femmes, premier opus d'un projet destiné à porter au plateau les sept tragédies de Sophocle.

Préface de Temps, par l'auteur et le metteur en scène

J'avais, après la création des spectacles qui composent Le Sang des promesses, l'envie de déplacer, d'inquiéter, l'instant de l'écriture. J'avais, de manière obsessive, l'envie que l’inquiétude ne soit plus un état à gérer mais qu'elle devienne la source de mes intuitions ; car comment obliger les mots à sortir, à survenir, de manière différente, sans que cela ne soit une simple décision formelle, si ce n'est en se jetant de toutes ses forces au vas de cet immeuble intérieur qui nous abrite, dans l'espoir d'être rattrapé en retour par un autre soi, nouveau à jamais, un inconnu, un étranger et pouvoir alors, au sortir de la chute, se dire : "c'est moi qui ai écrit ça ?!"
Chuter est inquiétant. Alors évidemment ce ne fut pas de tout repos (...) Temps, en ce sens, est une entreprise de démantèlement, de sabotage, pour se déconnecter d'un monde au fond illusoire et se reconnecter, sans doute à une autre illusion, mais qui, dans sa sensation de nouveauté, fait ressentir le vent de la réalité. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Une fois en période de création, tout s'est passé, et très vite, et très lentement. Ayant très peu de jours de répétition, nous avons pris tout notre temps. quelque chose de lent, comme la chute d'un glacier, à imprégné l'ensemble du récit qui s'est construit sous nos yeux. Cette lenteur dans la vitesse a été, pour moi, la plus belle découverte.
L’écriture, au final, s'est avérée plus elliptique, plus abstraite, plus courte et moins lyrique que d'habitude, tout en demeurant reliée aux pulsions qui me traversent depuis Journée de noces chez les Cromagnons jusqu'à Ciels. De plus, dans Temps, il n'y a pas de secret à découvrir, simplement un père à abattre. L'irruption du personnage de Napier est, pour moi, une ouverture vers un espace que je n'avais pas encore osé accoster. J'ai toujours cherché à éviter d'affronter la question du mal. Van Gogh, longtemps, n'osa pas toucher aux couleurs, se méfiant de leur puissance et se contentant de peindre en ocre, marron et brun.
La question du mal a la saturation d'un jaune citron. Il peut être très agréable de s'y contempler. Je me suis toujours méfié instinctivement de ce que le mal a de romantique. Temps est un premier geste pour évoquer cette question, sans y parvenir réellement. Napier n'est pas mauvais ; il est faible. Mais la porte s'est entrouverte me faisant comprendre qu'après Ciels, un no man's land séparant deux époques d'écritures devra être traversé, sans doute sur plusieurs créations, pour parvenir à l'endroit recherché, même si j'ignore encore tout de lui.
L'inquiétude peut être une boussole. Si elle nous quitte alors nous faisons fausse route. Il faut la garder vive et vivante malgré tout. Inquiétude d'avant les répétitions, inquiétude pendant la création et inquiétant durant les représentations. Tout cela affirme une écriture autre ; des phrases pensées différemment ; des espaces rêvés autrement. Une écriture qui, pour renaître de ses cendres, doit trouver une manière de s'annihiler elle-même.

Petit grain de...

Frisson ! Dans tous les sens du terme, c'est une pièce bouleversante.

dimanche 20 octobre 2013

Mademoiselle Julie




Un aperçu ? 

La nuit dans la Saint-Jean, dans un domaine aristocratique suédois, les domestiques de Monsieur le comte ont l'autorisation de donner un bal en son absence. L'alcool et les danses échauffent les esprits. Mademoiselle Julie,  irrésistiblement attirée par cet univers, se mêle aux fêtards et entame un jeu de séduction dangereux avec Jean, le valet de son père.

Un pièce d'August Strindberg

Né en 1849 à Stockholm, il est écrivain, dramaturge et peintre. Il fait partie des auteurs suédois les plus importants et c'st l'un des pères fondateur du théâtre moderne. Ses oeuvres se classent parmi deux courants littéraires majeurs : le naturalisme et l'expressionisme.

Un mise en scène de Frédéric Fisback

Né en 1966, après avoir étudié au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, il suit Stanislas Nordey au sein de la troupe permenente au Théâtre Gérard-Philippe de Saint Denis, de 1991 à 1993 ; puis, au théâtre des Amandier de Nanterrre jusqu'en 1997. Depuis, il met en scène de nombreuses pièces de divers auteurs. Depuis 2002, il dirige le Studio théâtre de Vichy et il est, avec Robert Cantonella, co-directeur du 104.

Petit grain de...

Qualité ! Avec Juliette Binoche dans le rôle de Mademoiselle Julie ainsi qu'une mise en scène excellente cette pièce était fantastique.

Les liaisons dangereuses



Un aperçu ?

Les liaisons dangereuses est un roman épistolaire écrit par Choderlos de Laclos en 1782, lorsque militaire dans l'armée de Louis XVI, il s'ennuyait dans sa triste vie de Garnisson. Oeuvre intégrale majeur du 18e s. ce roman noue le duel libertin de deux aristocrates manipulateurs du siècle des lumières, à l'aube de la révolution française. Vigoureuse charge contre le libertinage de l'aristocratie française, cette oeuvre fit scandale et valut des poursuites pénales à son auteur. Elle fait partie du patrimoine de la littérature française pour la justesse de son analyse du sentiment amoureux et de l'art pervers de la séduction.

Les personnages

* Azolan -> Lazare Herson Macarel
Serviteur de Valmont, Azolan joue un rôle déterminant auprès de son maître. C'est par son intermédiaire que Valmont saura dans quel trouble il a plongé la femme qu'il convoite et qui lui résiste.

* Cécile de Volanges -> rosa Bursztejn
Très jeune fille aussi belle et sensuelle que naïve. Sans volonté, ni principes, elle posséde un charme indéniable. Archétype de l'ingénue, elle sort du couvent et cédera vite à la tentation pour tomber dans la débauche.

* Danceny -> Mabô Kouyaté
Noble désargenté, il rencontre Cécile de Volange par l'intermédiaire de la marquise de Merteuil et tombe éperdument amoureux de la jeune fille. Profitant des cours de chant de de harpe qu'il lui dispose, il entretient avec elle une correspondance enflammée.

* Emilie -> Lola Naymark 
Courtisane, elle est l'une des nombreuses maitresse de Valmont.

* Madame de Tourvel -> Jina Djemba
Son éducation et ses principes font de ce personnage l'idéal de la vertu de l'époque. Sincère et sensible, elle est capable de sacrifier son existence à l'homme qu'elle aime.

* Madame de Merteuil -> Julie Moulier
Femme de pouvoir et de séduction, elle symbolise l'aristocratie libertine à l'époque de Louis XVI. Intelligente et cultivée, elle a appris à contrôler ses émotions et son entourage. Son assurance toute masculine pour l'époque causera sa perte.

* Madame de Volange -> Pauline Moulène
Amie de la présidente de Tourevel et de Madame de Merteuil, elle tient d'une main de fer la destinée de sa fille, Cécile, promise au vieux Monsieurs de Gercourt mais éprise de Danceny. Elle se conforme à tous les codes de la bonne société.

* Rosemonde -> Sophie Barjac
Vieille dame, tante de Valmont, elle vit hors de la société. C'est chez elle que Madame de Tourvel séjournera pendant l'absence de son mari et où se nouera l'intrigue amoureuse avec Valmont.

* Vicomte de Valmont -> Yannik Landrein 
Don Juan manipulation et sans scrupules, c'est un grand libertin. Il tient à sa liberté et mérpise le monde. Pris à son propre piège, sa dernière conquête sera fatale.

Mise en scène par John Malkovich

Le concept de cette mise en scène m'est venu des expériences et des observations que je me suis faites en admirant tous ces jeunes et talentueux acteurs et actrices qui ont passé nos auditions longues, difficiles et tellement enrichissantes. J'ai adoré les regarder travailler, et j'ai adoré les voir regarder les autres travailler.C'est durant ce processus que j'ai réalisé que je pouvais monter cette pièce en me reposant seulement sur le texte et sur les émotions que les acteurs y amèneraient. Ce spectacle est dédier à tous les jeunes comédiens qui ont traversé cette épreuve laborieuse : ceux qui sont ave nous pour ce voyage, et ceux qui, à mon grand regret, ne pouvaient nous accompagner.J'espère avoir bien appris les leçon qu'ils m'ont enseignées, et que la manière choisie pour exprimer ce qui a été acquis est digne d'eux. John Malkovich, Paris, Décembre 2011.


Le bal des pompiers



De et avec Laurent Savard...L'aperçu !

"Comme quelque part je pense que l'humour est salvateur, je me suis dit que la meilleure façon d'évacuer et de trouver les réponses que je n'ai pas c'est de bâtir un spectacle sur scène"
Le comédien Laurent Savard est le père d'un enfant autiste et hyperactif de 5 ans, Gabin. Né un 14 juillet, "ce fut le début d'un feu d'artifice permanent" selon le bon mot du père qui a appelé son one-man-show Le bal des pompiers. Ils s'attendaient avec sa femme, Marie-Lou, à éprouver "la connerie" comme ils disent "mais à ce point, je ne l'imaginais pas" s'étonne encore Laurent, goguenard. Ce comédien, doué d'une bonne dose d'humour noir, tout comme son pote Stéphane Guillon, a écrit un spectacle sur la vie de Gabin. Celle du quotidien partagé, mais aussi sur leur rencontres avec le psychologue, le pédiatre, l'instit' ou le passant lambda. Tournés en ridicule, les personnages qu'il incarne font à la fois rire et flipper...."Mais vous l'avez vécu ce que vous dites là sur scène ?" - "Oui" sourit en se pinçant les lèvres le comédien, "beaucoup de phrases sont rapportées trait pour trait. Chaque fois que je rencontrais un des gus, je me disais, lui, il va terminer en sketch.."


Mise en scène par Bruno Delahaye

Après des cours de théâtre au Cour Simon, Bruno Delahaye rencontre lors d'une audition Marie-Christine Lafosse qui le prend comme assistant pendant trois ans. Il est ensuite directeur de Casting pendant 17 ans. En 2002, Bruno Delahaye met en scène son premier long métrage intitulé "Livraison à domicile". Ce film de groupe, interpreté par Bruno Solo, Jean-Baptiste Iero, Thierry Frémont et Barbara Shulz, raconte comment une bande d'amis parvient à livrer en 4 jours une voiture de luxe dans le sud de la France sans la faire rouler.


Et des critiques..

"L'un des spectacles qui fait le plus parler de lui actuellement en France (...) Avec une dose d'humour noir peu commune, ce one-man-show a d'entrée frappé fort coté critique et public" Oliver Bonnefon - Sud Ouest 

"Aussi puissant et bouleversant qu'Où on va papa ?" Sandrine Blanchard - Le Monde 

"Si on rit beaucoup on éprouve aussi beaucoup de tendresse pour ce gamin incompris qu'on a l'impression de voir sur scène tant le comédien lui donne chair" Anthony Lesme - Bakchich

Petit grain de....

Humanité ! Un one-man-show hors du commun. Peut être un peu trop d'humour noir à mon gout mais cela reste très personnel. Ce n'est pas aussi bouleversant, tel qu'on peut le lire dans les critique qu' Où on va Papa car cet ouvrage est juste et profond, il ne fait pas preuve de beaucoup "d'humour'. Cela dit, c'est un très beau spectacle, emprunt d'émotion, de rires et de tendresse. A voir!

vendredi 18 octobre 2013

On ne badine pas avec l'amour


"[...] quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé" Perdican, Acte II, scène V

Un aperçu ? 

Le jeune seigneur Perdican devrait y épouser sa cousine Camille, mais en un instant, il décide d'aimer une jeune bergère. Soudain dédaignée, Camille, qui ne croyait pas à l'amour, connait le dépit, la jalousie, l'égoïsme de la passion. Autour d'eux, s'agitent des personnages fantoches d'une cocasserie irrésistible.

A savoir...

C'est en 1834  que Musset écrit cette tragédie. Il a 24 ans et revient d'un séjour à Venise, où il crut mourir d'amour. En effet, George Sand (écrivain célèbre) l'aurait trompé avec un certain Pagello, le médecin d'Alfred, ce dernier atteint d'une fièvre typhoïde. Il survécu à la maladie, à la honte et à l'amour mais en lui, un jeune homme confiant à péri. On ne badine pas raconte l'histoire de cette mort partielle. Le ton mêle la gravité et la légèreté de cet âge de la même manière, fa farce se fait tragédie sans oser la lourdeur.

Quand à notre cher Alfred :

Musset est né à Paris en 1810 dans une famille aisée et cultivée. Après de brillantes études au Lycée Henri IV, il fréquent les poètes "nouveaux" qui admirent la virtuosité de ses Contes d'Espagne et d'Italie (1830). Il s'oriente d'abord vers le théâtre ; en 1833 il écrit Les Caprices de Marianne. De sa liaison aussi passionnée que tourmentée avec George Sand naissent des chefs-d’œuvres (1833-1937) : Lorenzaccio, Les confessions d'un enfants du siècle, les quatre poèmes des Nuits. Il est élu, après quelques succès au théâtre, à l'Académie Française (1852) et meurt en 1857 à Paris.

Une mise en scène par Yves Beaunesne

Après Tourgueniev, Yves Beaunesne met en scène Wedekind, Tchekhov, Maeterlinck, Ibsen, Jarry, Peter Hacks, Gombrowicz, Marivaux, John Ford, Hermann Broch, Marieluise Fleisser, Victor Hugo ou encore Claudel avec Partage de midi en 2007 à la Comédie Française puis L'échange au théâtre de la Colline, ainsi que Carmen de Bizet pour l'Opéra Bastille. Fondateur de la Manufacture, Haute Ecole de théâtre de Suisse romande, il enseigne aujourd'hui l'art dramatique au Conservatoire de Paris et à l'école de Lille. Il vient d'être nommé directeur du Centre dramatique Poitou-Charentes. Si Musset fait partie de ces amours d'adolescent que l'on renie un moment, il y revient après avoir monté Il ne faut jurer de rien en 1996 et Lorenzaccio en 2009. Loin du romantisme caricatural, il défend le caractère novateur et la cruauté qui traversent l'élégance d'une langue que s'arrachent, sur scène, deux générations irréconciliables.

Distribution 
Roland Bertin - le Baron
Pierre Vial - Maître Bridaine, curé
Christian Blanc - Maître Blazius, gouverneur de Perdican
Françoise Gillard - Rosette, soeur de lait de Camille
Loïc Corbery - Perdican, fils du Baron
Danièle Lebrun - Dame Pluche, gouvernante de Camille
Marion Malenfant - Camille, nièce du Baron

Un petit grain de....

Waouh! Rien d'autre à rajouter... Peut être à part : Allez-y !

Il faut je ne veux pas



Une mise en scène par Jean-Marie Besset...

Issu d'un milieu assez éloigné du monde littéraire, Jean-Marie Besset s'intéresse au théâtre une fois arrivé à Paris pour poursuivre ses études. Diplomé de sciences économiques et de l'IEP de Paris ; il se consacre au théâtre en 1986. Il fonde la compagnie BCDV avec Gilbert Désveaux en 1995 et il est tour à tour auteur, adaptateur, metteur en scène et interprête. Il est nommé Directeur du théâtre de l'Atelier auprès de Laura Pels en 1999. Depuis 2002, il fait partie du Comité de lecture du théâtre du rond-point. Il écrit également des pièces pour le cinéma. Il a été nommé 10 fois aux Molière et il est le lauréat du Syndique National de la Critique dramatique, Officier des arts et lettres, etc.

Un aperçu ? 

Un couple est réuni dans un appartement parisien en 1840. Un autre couple est réuni dans le même appartement en 2010. Une dizaine de générations et d'occupants plus tard. La danse à deux parait la même. Le tempo a changé.

* Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée _ Alfred de Musset
La Marquise refuse le badinage du Comte, son voisin et amoureux transi. Elle demande qu'on s'adresse à son intelligence et exige la sincérité des sentiments. Intelligence des réparties, finesse des sentiments, humour, revendication féministe avant la lettre font de cet acte un instantané de l'état des mœurs parisiennes sur le mariage il y a deux siècles.

*Je ne veux pas me marier _ Jean-Marie Besset
Sur le ton d'un proverbe à la Musset, un jeune couple, de nos jours, à Paris. La veille de son mariage, Vivien aurait préféré que son promis ne lui rende pas visite. Leur discussion d'avant mariage tourne à la veillée d'armes. A quoi rime cette cérémonie et cette institution, pour couple d'aujourd'hui, lucide et libéré ? L'éducation d'un homme par la femme qu'il aime.

Petit grain de....

Qualité ! Un pièce où l'on se sent juste bien, où l'on découvre de bons acteurs, une belle mise en scène...Dans un théâtre, certes petit, mais très agréable - le théâtre de l'Oeuvre.

mercredi 16 octobre 2013

Hamlet


Résumé de la pièce de Shakespeare

Le roi du Danemark, père d'Hamlet, est mort récemment. Son frère Claudius l'a remplacé comme roi et, moins de deux moins après, a épousé Gertrude, la veuve de son frère. Le spectre du roi apparaît alors et révèle à son fils qu'il a été assassiné par Claudius. Hamlet doit venger son père et pour mener son projet à bien simule la folie. Mais il semble incapable d'agir, et, devant l'étrangeté de son comportement, l'on en devient à se demander dans quelle mesure il a conservé sa raison. On met cette folie passagère sur le compte de l'amour qu'il porterait à Ophélie, fille de Polonius, chambellan et conseiller du roi. L'étrangeté de son comportement plonge la cour dans la perplexité. Mis en cause à mots couverts par Hamlet, Claudius perçoit le danger et décide de se débarrasser de son fantasque neveu.

Mis en scène par : 

Stéphane Auvray-Nauroy, Vincent Brunal, Michèle Harfant, Sophie Mourousi, Eram Sobhani

La mise en scène est différente selon les actes. Chaque metteur en scène monte son acte dans l'autonomie puis ils sont réunis en un seul et même spectacle.

Un aperçu ? - Oui, mais par acte !

Acte 1 
Hamlet apprend, par le fantôme de son père récemment mort, que celui-ci à été assassiné par son frère, Claudius, qui à ainsi pu usurper la couronne en épousant la Reine Gertrude. Le spectre charge alors solennellement le jeune Hamlet de le venger. Le jeune Hamlet doute : s'agit-il là d'un "bon" spectre ou d'un esprit malin ? Claudius, qu'Hamlet déteste déjà, est-il coupable ?

Acte 2
Hamlet, espionné par le nouveau roi, décide de feindre la folie pour en apprendre davantage. Il congédie violemment la jeune Ophélie, fille du conseiller Polonius, qu'on lui envoie et décide d'utiliser la présence d'une troupe de comédiens ambulants pour prendre Claudius au piège de ce miroir qu'est le théâtre.

Acte 3
Hamlet ait jouer devant la cour la scène de l'assasinat d'un roi- c'est la "Souricière", célèbre scène de "théâtre dans le théâtre" qui permet a Shakespeare de révéler sa propre conception du théâtre, tout en offrant à la pièce une vertigineuse mise en abyme, il amène Claudius à se trahir à ses yeux. Après qu' Hamlet a tué par erreur le vieux Polonius embusqué. Claudius projette de se débarrasser d'Hamlet en l'envoyant en Angleterre.

Acte 4
Hamlet part en Angleterre accompagné de Rosencrantz et Guildenstern. L'assassinat malencontreux de Polonius donne naissance à un projet de vengeance : Laërte, fils de Polonius, désireux de venger la mort de son père (puis celle de sa soeur dont on annonce la noyade), se laisse convaincre par Claudius de participer à un duel truqué pour assassiné Hamlet. Hamlet annonce par une lettre à son oncle qu'il rentre seul d'Angleterre.

Acte 5 
Après la scène du cimetière, où Hamlet médite sur l'humaine condition en contemplant le crâne du bouffon Yorick, a lieu le duel qui met un terme aux deux intrigues de vengeance : Laërte et Hamlet meurent réconciliés par la même point d'épée empoisonnée, après que Gertrude ait bu le poison destiné à Hamlet par Claudius, lui-même tué par son neveu. Fortinbras, prince de Norvége, s'empare du pouvoir.

Un petit grain de...

Folie ! Des actes très différents, on y comprend pas toujours tout et c'est parfois déroutant... Mais surprenant! J'ai beaucoup aimé cette pièce!


L'intrus






Un aperçu ? 

Henri (Claude Rich), savant spécialiste du cerveau, rencontre un soir dans sa chambre un étrange jeune homme qui semble bien, voir trop, le connaitre. Cet intrus joué par Nicolas Vaude, lui propose alors un pacte : vivre les derniers instants de sa vie pleinement, animé d'une deuxième jeunesse, en échange de son âme. Le thème abordé dans cette pièce est celui de l'homme face à la mort, aux doutes et aux jours qui en résultent.

Mise en scène par Christophe Lidon...

C'est en 1991 qu'il crée sa compagnie "La nuit et le moment théâtre". Dans un premier temps, il monte des grands classiques (Molière, Tchekhov, Shakespeare) puis se dirige vers des textes plus modernes. Il dirige également l'action théâtrale à Champigny en menant une action de sensibilisation et de formation à l'école municipale d'art dramatique de cette ville.

Claude Rich, en quelques mots...

Né en 1929 à Strasbourg, Claude Rich est un grand acteur et cinéaste. Il s'inscrit au cours Charles Dullin et il entre au conservatoire. Il débute avec un grand rôle au cinéma dans "Les grandes manœuvres" de René Clair en 1955. Abonné aux seconds rôles de jeune premier, on le retrouve dans des films comme "Les tontons flingueurs" en 1963. En 2002, il reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.


Petit grain de...

Différence! Une pièce qui sort un peu du communs. Un acteur, Claude Rich, hors pair. Sans pouvoir dire si cette pièce m'a véritablement plu - sentiment peut être du à l'angoisse qu'elle peut laisser paraître, tant la folie et la mort est présente - ce qui est évident c'est qu'elle est juste.

Roméo et Juliette



Roméo et Juliette, l'histoire...

A Vérone, où les Montaigu et les Capulet se vouent une haine ancestral, Roméo, fils de Montaigu, est amoureux de Rosaline, tandis que Capulet s'apprête à donner une grande fête pour permettre à Juliette, sa fille, de rencontrer le comte Paris qui l'a demandé en mariage. Parce qu'il croit que Rosaline s'y trouvera, Roméo se rend au bal et, en voyant Juliette, éprouve un coup de foudre aussitôt réciproque. Sous le balcon de la jeune fille, il lui déclare le soir même son amour puis, le lendemain, prie frère Laurent de les marier et de réconcilier leurs familles ennemies. Mais la comédie va tirer à la tragédie... Ils ne sont victimes, Roméo et Juliette, ni d'une faute ni de leur amour, mais d'une suite de circonstances malheureuses qui mettront à mort cet amour et feront de leur histoire un mythe pour plusieurs siècles.

A savoir...

Roméo et Juliette (1595-1596) est la deuxième tragédie de Shakespeare. Avant cela, il avait principalement écrit des drames historiques. Avec cette première tragédie amoureuse, Shakespeare apporte à la scène le mythe de l'amour qui avait été répandu en Occident par le roman médiéval de Tristan et Iseult et que l'on trouve dans des sources multiples. Il espère pouvoir ainsi toucher un large public. En décidant de faire de l'amour le thème central d'un nouveau type de tragédie et non plus la matière de, seule, la comédie, Shakespeare montre qu'il n'hésite pas à prendre des risques pour innover. Roméo et Juliette est en effet une tragédie hybride qui commence comme une joyeuse comédie avant de virer au noir à la scène I de l'acte III.

La mise en scène...

Oliver Py, dramaturge, metteur en scène, réalisateur et comédien français (oui, oui!), entre au conservatoire national supérieur d'art dramatuge en 1987 après avoir fait l'ENSATT. En 1988, sa première pièce est créée par Didier Lafaye ("Des oranges et des ongles") et il fonde sa première compagnie appelée L’inconvénient des boutures. En 1997, il est nommé directeur du Centre dramatique national d’Orléans et devient en 2007 le directeur du théâtre national de l'Odéon. Le théâtre d'Oliver Py appartient au théâtre de l’excès.

Distribution

Oliver Balazuc : Capulet, Paris
Camille Cobbi : Juliette
Matthieu Dessertine : Roméo, Montaigu
Quentin Faure : Tybalt, Lady Capulet
Philippe Girard : Frère Laurent
Frédérie Giroutru : Mercutio, Sampson
Mireille Herbstmeyer : Nourrice
Benjamin Lavernhe : Benvolio
Barthélémy Meridjen : Le Prince, Clown, le Choeur, Apothicaire, Grégory, Frère Jean
Jérome Quéron : Musicien, Abraham

Petit grain de....

Surprise ! A la Oliver Py, cette pièce est farfelu et va à l'encontre de mœurs. Cela dit la mise en scène est exceptionnelle et le jeu est de qualité. A voir.

Le jeu de l'amour et du hasard


" C'est que je suis bien lasse de mon personnage ; et je me serais déjà démasquée, si je n'avais pas craint de fâcher mon père " Sylvia, Acte II, Scène XI 
Metteur en scène d'origine bulgare, Galine Stoev monte Le jeu de l'amour et du hasard, traditionnelle pièce de Marivaux -qui vaut le détour! Loin d'être débutant, il fait preuve d'imagination tout en respectant le texte.

Distribution

Alexandre Pavloff : Dorante
Léonie Simaga : Silvia
Pierre Louis-Calixte : Arlequin
Christian Hecq : Monsieur Orgon
Suliane Brahim : Lisette
Pierre Niney : Mario

Un aperçu ? 

Promise à Dorante, Silvia obtient de son père de faire la connaissance de son prétendant sous le masque de sa servante Lisette, qui jouera le rôle de sa maîtresse. Lorsque Dorante se présente à son tour dans l'habit de son valet Arlequin qui endosse les vêtements de son maître, les couples réassortis sont pris à leur propre piège sous le regard amusé et éclairé du père bienveillant. Face à ce jeu de hasard où les troubles bousculent les convenances, les protagonistes répondent en faussant la donne et jouent la comédie jusqu'à se perdre.

Petit grain de....

Joie! Drôle et juste, cette pièce est aussi bien jouée que mise en scène. Des acteurs heureux d'être sur scène et le transmettant ; une pièce à voir et revoir.



Le songe d'un nuit d'été


« L'amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l'âme.  »
William Shakespeare
Encore un classique, toujours du classique! Et c'est Nicolas Briançon qui revisite cette pièce de A à Z. Nicolas Briançon est metteur en scène et comédien mais aussi directeur du Festival de Bonaguile -depuis 1997- et du Festival d'Anjou - depuis 2004. Il a tourné dans de nombreux films et à monté grand nombre de pièces tels que le Malade imaginaire de Molière ou encore Antigone d'Anouilh.

Distribution

Laurent Deutsch : Puck
Mélanie Doutey : Titania
Yves Pignot : Bottom
Davy Sardou : Demetrius
Nicolas Briançon : Obéron
Elsa Mollien : Hermia
Thibaut Lacoun : Lysandre
Jacques Marchand : Quince
Dominique Daguier : Flûte
Maxime Lombard : Snout
Léon Lesacq : Snug
Laurent Benoit : Egée
Thierry Lopez : Philestrate

Un aperçu ? 

Cette pièce dans laquelle Shakespeare célèbre l'amour, le désir et le théâtre est la plus divertissante, passionnelle et charnelle de l'auteur. Lysandre veut épouser Hermia. Hermia veut épouser Lysandre....Donc, tout va bien. Et bien non...car Egée, père d'Hermia, la destine à Démétrius, lui-même poursuivi par Héléna. Pendant ce temps, dans la forêt, Oberon, roi des Elfes, a ordonné a son fidèle Puck de verser une potion magique sur les paupières de sa maîtresse Titania, pour la punir de sa désobéissance. Mais Puck se trompe et verse cette potion sur les paupières des jeunes amants. Ceux qui s'aimaient se détestent....et vice-versa. Ajoutons à cela, une bande de comédiens amateurs, venus répéter leur pièce dans la forêt, s'en suit la confusion la plus totale. Puck va tout faire pour réparer son erreur et pour que tout rentre dans l'ordre.

Petit grain de....

Too-much ! Un décor incroyable, de très bons comédiens, et une mise en scène pour le moins hors du communs. Mais cette belle pièce perd de son authenticité...démesurément ! Elle reste à voir, et de nombreuses critiques restent positive à son égard. Cela dit, le temps m'a paru long et je reste déçue suite à cette représentation.

L'Avare


 
" Il faut, qui que ce soit qui ait le coup, qu'avec beaucoup de soin on ait épié l'heure " Harpagon, Acte IV-Scène VII 

Jouée à la Comédie Française en 2012, cette superbe pièce de Molière fut mise en scène par Catherine Hiegel. Au sein de l'institution depuis 1969, elle est sociétaire honoraire depuis 2010 et reçoit le molière - sans jeu de mots! - de la comédienne pour son rôle dans "La mère de Florian Zeller". Elle tourne dans plusieurs pièces de théâtres mais fait également du cinéma. Quand à son rôle de metteur en scène, elle l'a déjà honoré dans deux pièces de Molière : Les femmes savantes et George Dandin ; ainsi que dans Le retour, d'Harold Pinter

Distribution 

Dominique Constanza : Frozine
Christian Blanc : Maître Simon et Nicolas Lormeau le commissaire (en alternance)
Denis Podalydès : Harpagon
Jérôme Pouly : Maître Jacques
Loïc Corbery : Cléante
Serge Bagdassarian : Anselme
Stéphane Varupenne : Valère
Nazim Boudjenah : La flèche
Julie Marie Parmentier : Elise


Un aperçu ? 

" Harpagon court, rit, danse. Il fête son argent ! L'avare est le personnage heureux d'une farce horrible " dit Catherine Hiegel. Son amour de l'argent, cette passion dévorante, aveuglante, le conduit même à sacrifier ses enfants, Elise et Cléante, qui vivent dans le dénuement malgré la richesse immense de leur père. Il destine sa fille à son voisin Anselme sur l'argument irréfutable que ce dernier la prend "sans dot", et s'apprête lui-même à épouser Mariane dont Cléante est épris. Amasser l'argent est son seul plaisir, l'objet de toute son attention et de son inquiétude alors qu'il ne songe jamais à en jouir. Lorsqu'on lui dérobe son trésor, sa cassette, Harpagon voit sa vie s'écrouler. Pour Catherine Hiegel, " L'avare est la comédie noire de l'argent qui rend fou, qui conduit au crime, au suicide"


Petit grain de....


Rire ! Une pièce à la hauteur du grand comédien qu'est Denis Podalydès... Un classique toujours aussi apprécié bien que revisité. Une soirée mémorable!